Malgré une forte croissance économique qu'elle a constatée en Afrique de l’Ouest, la Banque mondiale note d'importantes inégalités territoriales qui, selon elle, masquent cette croissance.

C'est l'idée générale d'une analyse faite par l'institution internationale dans un rapport sur la question. Un communiqué à nous transmis par le bureau de la Banque mondiale en Côte d'Ivoire, le vendredi 27 octobre 2017, et portant sur l'analyse des disparités spatiales du développement économique au Bénin, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire et au Togo mentionne, en effet, que, le jeudi 26 octobre dernier, le siège de la Banque mondiale (Washington aux Etats-Unis) a relevé qu'une partie de la population ne bénéficie par de la forte croissance de 5% de l'Afrique de l'Ouest.

Il ressort des explications du nouveau rapport du Groupe de la Banque mondiale intitulé "Géographie du bien-être au Bénin, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire et au Togo" que les raisons sont liées à plusieurs facteurs. L'économiste au pôle mondial d’expertise Pauvreté et équité de la Banque mondiale, Nga Thi Viet Nguyen, "À l’intérieur d’un pays, les écarts de revenus et de niveau de vie peuvent être très importants d’une région à l’autre. De plus, certaines zones, caractérisées par un fort taux de pauvreté et peu d’habitants au kilomètre carré, constituent des « poches » géographiques de pauvreté". Selon l'économiste, "dans ces zones, d’accès, le coût des programmes de lutte contre la pauvreté peut être exorbitant, et les empêcher de rattraper les villes plus développées".

"La géographie économique fait souvent l’objet de débats pour savoir si les niveaux de revenu par habitant et d’autres dimensions économiques sont déterminés par des variables géographiques et écologiques. Les importantes disparités que révèle ce nouveau rapport dans les quatre pays que nous couvrons nous permettent de mieux comprendre la situation et d’entrevoir les perspectives pour des actions mieux ciblées afin de lutter plus efficacement contre la pauvreté et de favoriser une croissance plus inclusive", souligne Pierre Laporte, directeur des opérations de la Banque mondiale pour le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire et le Togo. M. Nga est convaincu que "ces inégalités persistantes entre régions pauvres et riches peuvent être une source potentielle de tensions, et affecter à terme la croissance économique du pays ainsi que sa stabilité politique".

Aussi, est-il convaincu qu'il faille "absolument mesurer l’ampleur du problème et bien comprendre les causes de ces inégalités spéciales, afin de pouvoir élaborer des politiques de développement et des interventions adaptées". Basé sur quatre enquêtes récentes sur la consommation des ménages, le rapport constatent en effet d’importantes disparités à l’intérieur des quatre pays étudiés, le rapport a fait des recommandations : favoriser l’urbanisation et augmenter la concentration des activités économiques dans les régions peu développées ; accroître la productivité agricole en améliorant le régime foncier, l’irrigation, l’utilisation d’engrais, etc. ;  renforcer les transferts budgétaires en faveur des régions défavorisées ; et mettre en place des programmes de filets de protection sociale tels que les coupons électroniques et les virements mobiles permettant d’atteindre les populations vivant dans des zones difficiles d’accès.

Il faut signaler que l’Afrique de l’Ouest connaît la plus forte croissance du continent, mais paradoxalement près de la moitié de la population des pays étudiés, soit plus de 25 millions de personnes, est pauvre et vit avec moins de 1,90 dollars par jour en parité de pouvoir d’achat en 2011.

 

Source : www.linfodrome.com